Magasin Brien. Photo: Collection Claude Martel

Recherche par Jean-Claude Coutu

Magasin général Brien

La vocation de magasin général semble en effet remonter au milieu du XIXe siècle alors que Joseph Chalifoux, marchand de Mascouche, est propriétaire du lieu. À son décès en 1869, sa veuve Odile Daunais pourrait avoir continué un certain temps l’exploitation du magasin général avec ses enfants jusqu’à son remariage avec Joseph Lapointe dit Desautels qui aurait alors été transformé en hôtel. Joseph Lapointe exploite toujours l’hôtel en 1880. Certains de ses enfants ont immigré vers Lowell au Massachussets pour y faire fortune dans le commerce de détail. Il y a toute une histoire à raconter à ce sujet. Odile Daunais est d’ailleurs décédée à Manchester, dans le New Hampshire, en 1895, et a été inhumée à Mascouche  en présence de son cousin, l’Honorable Louis-Olivier Taillon, ancien premier ministre du Québec !

Acheté au début de 1885 par le bourgeois Frédéric Dalpé dit Parizeau, l’hôtel est revendu immédiatement en mars de la même année à Joseph-Isidore Brien dit Durocher de Saint-Lin qui le reconvertit en magasin général et qu’il va exploiter jusqu’à son décès en décembre 1910, quelques mois après les Fêtes de retrouvailles où on retrouve le millionnaire Joseph Leufroi Chalifoux, fils de de Joseph et Odile Daunais.
Natif de Saint-Lin-des-Laurentides, après avoir fréquenté l’école élémentaire, il entra au collège de Terrebonne où il resta jusqu’à la destruction de cette célèbre institution. Commis d’abord chez Pilon, Labelle et Dupuis frères, son honnêteté et son expérience lui valurent l’emploi de teneur de livres à la Brasserie de St-Lin. Deux ans après il entra comme commis chez M. Deslongchamp à St-Lin. Il vint s’établir à son compte alors, à St-Henri de Mascouche. C’est là, en face de l’église, qu’il tient un magasin fort bien achalandé et qui marche de plus en plus dans la voix du succès.
À la fin de 1910, c’est le cultivateur Émile Charbonneau qui achète l’immeuble, y compris le fonds de commerce. Le nouveau marchand général du village va exploiter ce commerce jusqu’à l’automne 1917 pour le laisser au cultivateur et ancien maire de Mascouche Uldaric Corbeil. La vente comprend la clientèle ainsi que le fonds de commerce au prix coutant. C’est à compter de 1913 que le maître de poste Israël Leblanc a tenu le bureau de poste dans le logement du bas-côté du magasin général jusqu’au plus tard en 1927.
D’après le plan d’assurances de Charles E. Goad de 1906, au bout du grand hangar qui servait uniquement à l’entreposage des marchandises, il y avait une petite écurie pour les chevaux et voitures du marchand général et aussi du maître de poste. Il est peu probable qu’elle ait servi d’abri pour les clients qui devaient plutôt stationner à proximité du magasin près du pont de fer.
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