Illustration: Carl Tétreault, Collection SODAM

Recherche par Jean-Claude Coutu

Bibliothèque

Depuis le milieu du 19e siècle, à Mascouche comme dans bien des villages du Québec, la bibliothèque en dehors des grands centres était l’affaire de la paroisse et de la commission scolaire. Le collège et le couvent du village et plusieurs écoles de rang de Mascouche possédaient une bibliothèque plus ou moins bien garnie. Ainsi en 1951, sous la responsabilité bénévole de mademoiselle Rita Perreault, la bibliothèque paroissiale de Saint-Henri de Mascouche, située au sous-sol de l’église, comptait tout au plus une centaine de volumes; c’était principalement des livres religieux, des encyclopédies et des almanachs, des biographies et des romans soigneusement choisis et autorisés.

Bien que la première loi des bibliothèques publiques au Québec ait été votée en 1959, le besoin d’une bibliothèque à Mascouche ne s’est manifesté que 20 ans plus tard. Plusieurs propositions comme la transformation en bibliothèque de la maison Soucisse ou de l’ancienne porcherie des soeurs de la Providence ne se concrétiseront pas. Et ce n’est qu’en 1980, dix ans après avoir reçu le statut de ville et après deux ans d’études, qu’un comité de citoyens de Mascouche dépose un rapport favorable à la création d’une bibliothèque municipale. Au printemps suivant, la bibliothécaire Diane Allard est embauchée et s’installe dans un local de la salle paroissiale de la rue Dupras.

Mais la population est divisée et les élus hésitent. Par une grande majorité, un sondage appuie le projet tandis que la Ligue des propriétaires de Mascouche y est farouchement opposée et que d’autres insistent sur l’occasion d’obtenir une subvention gouvernementale supérieure à 50 % des coûts de construction. Coup de théâtre à l’automne 1982, le conseil fait volte-face et vote pour l’abolition du service de bibliothèque : les livres déjà achetés sont entreposés et la directrice renvoyée. Dernier rebondissement au printemps 1984, lorsque le nouveau conseil municipal, convaincu de sa nécessité, adopte un règlement pour rétablir le service et, entre autres, réengager la bibliothécaire.

En 1985, la bibliothèque ouvre enfin ses portes dans un local commercial du 2685 chemin Sainte-Marie, inscrivant rapidement 400 abonnés. L’inauguration officielle a lieu le 31 janvier 1985 en présence de Clément Richard, ministre des Affaires culturelles du Québec. Mais les besoins sont grandissants et l’on songe très tôt à un édifice répondant davantage aux attentes des utilisateurs. Bien qu’une nouvelle subvention ait été demandée dès 1990, il faudra patienter jusqu’en 1998 avant de l’obtenir.

Au printemps 1999, selon les plans de l’architecte Gilbert Viau, de la société Viau, Bergeron et les devis de la firme d’ingénierie Vallée, Lefebvre, les travaux de construction de la nouvelle bibliothèque ont été réalisés promptement par l’entrepreneur général L’Archevêque et Rivest de Repentigny. D’un coût de 2,4 millions $ assumés à 70 % par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, le récent édifice de deux étages de l’avenue des Ancêtres situé au coeur du noyau institutionnel a ouvert ses portes le 4 décembre 1999. En janvier 2000, L’envolée imaginaire, une oeuvre d’art signé Jan Stohl, a été mise en place; elle représente un globe dont les extrémités forment des mains ailées qui rappellent l’orientation des quatre points cardinaux et l’interaction des divers éléments dans l’univers.

Récupéré au manoir seigneurial de Mascouche, le plâtre du buste de Pierre Le Gardeur, premier seigneur du sol mascouchois en 1647, a été restauré en 2001 pour être exposé en vitrine dans la salle du foyer de la bibliothèque à l’automne 2002. OEuvre de l’artiste Louis-Philippe Hébert, il a servi au coulage du bronze exécuté par la fonderie Roman de New York, qu’on peut voir en face du presbytère Saint-Henri. Ce monument avait été commandé en 1910 par un groupe de Montréalais originaires de Mascouche pour marquer le 160e anniversaire de la paroisse.

C’est en janvier 2007 que la bibliothèque de Mascouche a souligné son trois millionième prêt de document depuis 1984. Actuellement, 11 000 abonnés actifs ont accès à une collection de près de 85 000 publications. En 2014, 160 000 $ ont été alloués pour l’acquisition de nouveaux titres. Les documentaires, biographies, romans, journaux et magazines, recueils sonores, bandes dessinées, CD, DVD, jouets et autres, autant pour les enfants, les adolescents ou les adultes sont facilement accessibles. De plus, la bibliothèque présente des conférences et des activités d’animation comme l’heure du conte, le club de lecture, la rencontre d’auteurs ou des ateliers thématiques. En outre, des services additionnels sont désormais disponibles en ligne.

La bibliothèque est ouverte sept jours par semaine depuis l’automne 2013 et d’importants travaux de réaménagement intérieur et extérieur se sont poursuivis cette année pour mieux répondre aux besoins des usagers.

Recherches historiques et iconographiques: Jean-Claude Coutu, septembre 2014

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